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Au Nouvel Obs, ignorance ou malveillance ?

Créé par le 12 mar 2011 | Dans : Leur plume, Mes coups de coeur !, Politique

Dans son numéro publié le 10 mars, Le Nouvel observateur s’inquiète de la montée de Marine Le Pen dans deux sondages récents. L’hebdomadaire de la gauche comme-il-faut souligne la responsabilité de Nicolas Sarkozy, ce qui ne manque pas de pertinence. Laurent Joffrin affirme que la gauche « a refusé de regarder en face les défis d’une certaine modernité qui menaçait peu les bobos et beaucoup les prolos » mais qu’elle a maintenant compris qu’il fallait se préoccuper de l’immigration, du social et de la nation – ce qui reste à prouver.

Le Nouvel observateur ne s’en tient pas à ces considérations générales. Laurent Joffrin, puis Ariane Chemin sur deux pleines pages, s’en prennent à Marianne et plus particulièrement à Philippe Cohen. Le rédacteur en chef de Marianne 2 est accusé de faire cause commune avec « une petite troupe de publicistes et d’intellectuels [qui], sous couvert d’anticonformisme, ont réhabilité les réflexes de la droite la plus identitaire » (Laurent Joffrin) et d’être de ceux qui « décontaminent la pensée FN » selon le titre de l’article d’Ariane Chemin qui compte Philippe Cohen parmi les « brouilleurs de repères » et les « agents de notabilisation ».

Il y a effectivement des agents d’influence lepénistes et des partisans de la guerre ethnoculturelle parmi les souverainistes cités mais y inscrire Philippe Cohen relève de l’ignorance ou de la malveillance. Parce que l’approche du printemps me met de bonne humeur, je penche pour l’ignorance et je me fais un devoir de donner à Laurent Joffrin et à Ariane Chemin quelques éléments d’information.

1/ Philippe Cohen n’a jamais été souverainiste : venu du trotskisme, il s’inscrit dans le courant des économistes hétérodoxes de gauche (Jacques Sapir) et de droite (Jean-Luc Gréau) qui s’opposent aux ultralibéraux et il accueille sur son site, entre autres blogueurs, des gaullistes proches de Nicolas Dupont-Aignan. Ces intellectuels et ces militants sont étrangers au maurrassisme, au féodalisme vendéen et aux expressions plus ou moins hypocrites du nationalisme ethnique.

2/ Philippe Cohen, qui a longuement analysé les propos de Marine Le Pen, est le premier à avoir publiquement averti que les nouveaux thèmes de son discours (protectionnisme, sortie de l’euro) laisseraient la gauche sans réplique. Je témoigne que Philippe Cohen, tout comme Jacques Sapir, s’est très tôt inquiété de voir que le Front national récupérait grossièrement certains des éléments de la politique économique défendue par les hétérodoxes. Nous redoutions tous trois que la gauche traite Marine Le Pen comme elle avait traité son père et que sa gestuelle antifasciste soit sans effet sur l’électorat protestataire. C’est ce qui se produit : les cris d’horreur et la recherche des coupables de la montée du Front national sont sans influence sur ceux qui souffrent du carcan salarial imposé par l’euro, des délocalisations, des coupes budgétaires délirantes et de la liquidation des services publics. Philippe Cohen ne « décontamine pas la pensée FN » : comme Emmanuel Todd le 10 mars sur France 3, il prévient que la thématique frontisme reste xénophobe mais se déploie sur le terrain économique et social sans rencontrer d’obstacles.

3/ Face à la récupération brouillonne de certains de leurs thèmes, les hétérodoxes sont les seuls à répliquer sur le fond : c’est Jacques Sapir, sur le site Marianne 2, qui a publié une critique complète du programme frontiste de sortie de l’euro et qui, du même coup, a indiqué la voie à suivre : examiner le discours frontiste tel qu’il s’énonce et le discuter point par point. Cela demande du travail – il est plus facile de lancer le centième appel à la vigilance – et cela suppose que les partis politiques s’inquiètent des dégâts provoqués par le libre échange et du désastre en cours dans la zone euro.

4/ Laurent Joffrin affirme dans son article que la gauche a compris qu’il fallait « réguler l’immigration », « que le social était prioritaire » et que la nation « restait un des points d’appui indispensables de la vie collective, si on la combinait avec l’ambition européenne et les valeurs universelles ». Que de bons sentiments ! Mais la politique de l’immigration ne peut être sérieusement repensée sans une transformation radicale de la politique sociale et de nos relations internationales. Mais nous constatons que les socialistes au pouvoir en Grèce, en Espagne et au Portugal sont en train de saigner les peuples sur injonction de la Banque centrale européenne et du FMI – donc de ce Dominique Strauss-Kahn qui est attendu comme le sauveur de la gauche. Si les socialistes l’emportent en 2012, la nation française restera soumise aux logiques infernales de la globalisation financière.

Que la gauche continue de se donner bonne conscience en prenant des boucs émissaires et, une fois de plus, elle paiera cher sa paresse intellectuelle, ses lâchetés et ses compromissions.

Bertrand Renouvin

http://www.bertrand-renouvin.fr/

Jérusalem est-elle en train de perdre lentement son caractère multiconfessionnel ?

Créé par le 24 avr 2010 | Dans : Leur plume, Politique

Les Palestiniens musulmans et chrétiens, qui dénoncent la « judaïsation » croissante de la Ville sainte, l’affirment. Les seconds en voient une illustration à l’occasion des fêtes de Pâques, qui sont entourées cette année de mesures de sécurité et de restrictions sans précédent qui entourent cette année les fêtes de Pâques. Celles-ci sont justifiées officiellement par le risque que constitue la concordance des célébrations catholiques, grecques-orthodoxes et juives.

L’armée israélienne a annoncé des « mesures de bienveillance » envers la population palestinienne : dix mille chrétiens palestiniens de Cisjordanie et cinq cents de la bande de Gaza sont, en principe, autorisés à se rendre en Israël, notamment à Jérusalem, et cela jusqu’au 7 avril. Mais, parallèlement, la Cisjordanie a été entièrement bouclée jusqu’au 6 avril. Or nul ne sait comment, dans les faits, ces deux décisions sont conciliables.

L’incertitude est d’autant plus vive que ces pèlerins doivent être en possession, outre d’un permis, d’une carte magnétique d’identité délivrée par les autorités israéliennes. Le commandant Guy Inbar, porte-parole du Cogat, l’organisme qui coordonne les activités de l’armée dans les territoires palestiniens, assure qu’il s’agit d’une simple formalité : « C’est comme une Master Card, précise-t-il. C’est fait pour améliorer la gestion du système, ce n’est pas quelque chose de nouveau. » En effet, les Palestiniens dénoncent depuis longtemps le processus de délivrance de ces cartes, supervisé par le Shin Beth, le service de sécurité intérieure d’Israël.

Curé du village chrétien de Taïbeh, le père Raëd Abousahlia nous indique qu’il n’a obtenu que deux cents permis pour ses ouailles, soit trois fois moins que les années précédentes. « Les postes de contrôle multiples sont une humiliation, et les gens se découragent. Soit les Israéliens laissent les pèlerins se rendre sans entrave sur les lieux saints, soit il vaut mieux s’abstenir de se rendre à Jérusalem », estime-t-il.

D’autant qu’il n’est pas aisé d’entrer dans la vieille ville, à plus forte raison d’approcher le Saint-Sépulcre. Des restrictions draconiennes ont été imposées pour la cérémonie du Feu sacré, qui a lieu samedi 3 avril. Très peu de pèlerins pourront y assister et, à Ramallah, l’évêque grec-orthodoxe Atallah Hanna a lancé un cri d’alarme face à ce qu’il perçoit comme une volonté israélienne de « violer la liberté religieuse ». Jérusalem, a-t-il insisté, « doit rester une ville ouverte pour tous les chrétiens ».

« Les Israéliens remettent en cause une tradition de liberté religieuse qui est en vigueur depuis neuf cents ans, dénonce Youssef Daher, du Conseil oecuménique des Eglises (JIC), et ils bafouent le Statu Quo de 1852″ qui régit les rapports par ailleurs tendus entre les confessions orthodoxe, latine et arménienne au sein du Saint-Sépulcre.

Le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, ne veut pas entrer dans une polémique qui est surtout alimentée par les grecs-orthodoxes, mais il s’inquiète lui aussi de la « judaïsation » de Jérusalem. « Nous demandons que tous nos fidèles puissent entrer à Jérusalem pour prier, et avoir accès aux lieux saints, indique-t-il lors d’un entretien. Mais en invoquant des « raisons de sécurité », Israël réduit dans les faits l’exercice de cette liberté religieuse. »

Dimanche 28 mars, alors qu’un millier de catholiques participaient à la traditionnelle procession des Rameaux, le patriarche latin a souligné que Jésus était entré dans Jérusalem « sans escorte, sans soldats, sans mur de séparation et sans check-point ».

Mgr Twal rappelle que moins de dix mille chrétiens vivent à Jérusalem et que leur communauté (moins de 2,5 % des populations israéliennes et palestiniennes) est menacée à la fois par l’exode et un taux de natalité bien inférieur à celui des musulmans et des juifs. Il constate que la politique israélienne « vise à vider Jérusalem de sa population musulmane » et, accessoirement, chrétienne.

C’est aussi l’avis d’un religieux qui vit depuis trente ans dans la vieille ville : Frère Pierre a assisté à une lente mais inexorable évolution. « Les chrétiens, dit-il, ne subissent pas de véritable harcèlement, mais nous sommes confrontés à une politique déterminée de judaïsation de la Ville sainte. » Comme Mgr Twal, il cite la multiplication des drapeaux israéliens qui apparaissent au faîte des maisons.

A force de parcourir le labyrinthe de ruelles étroites, il a identifié les principaux quartiers de cette discrète colonisation. « Des maisons ont été tout d’abord occupées dans le quartier musulman, près de la 3e station du chemin de Croix, puis autour de la porte de Jaffa, enfin sur le chemin du mur des Lamentations », indique-t-il, avant de donner son explication : « Leur idée, c’est d’occuper peu à peu la route qui mène vers le Temple. »

Le « Temple », c’est une référence au second temple, détruit en l’an 70 par les Romains, à l’emplacement de la mosquée Al-Aqsa. Les chrétiens n’ont pas les mêmes intérêts que les musulmans, lesquels sont surtout confrontés à la colonisation juive à Jérusalem-Est. Mais les deux communautés se rejoignent dans leur combat pour dénoncer une politique israélienne du fait accompli à Jérusalem dont ils craignent qu’elle remette en cause le caractère unique de berceau des trois religions monothéistes.

Laurent Zecchini

Avez-vous vu ?

Créé par le 21 sept 2008 | Dans : Leur plume

j’ai mis en ligne l’inventaire de mes BD..

n’hésitez pas à vous y référer. je peux vous les prêter ! LOL

La beauté, Monseigneur, peut-elle avoir meilleure compagne que la vertu ?

Créé par le 16 juin 2008 | Dans : Leur plume

« Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles,
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…
On entend dans les bois lointains des hallalis.
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir,
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.
Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d’où s’échappe un petit frisson d’aile ;
Un chant mystérieux tombe des astres d’or.

Ô pâle Ophélia ! Belle comme la neige !
Oui, tu mourrus, enfant, par un fleuve emporté !
C’est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté ;

C’est qu’un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d’étranges bruits ;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l’arbre et le soupir des nuits ;

C’est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d’enfant, trop humain et trop doux ;
C’est qu’un matin d’avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s’assit muet à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu ;
Tes grandes visions étranglaient ta parole
Et l’Infini terrible effara ton oeil bleu !

Et le Poëte dit qu’aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis,
Et qu’il a vu sur l’eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys. »
Arthur Rimbaud.

Le récit de sa mort par Gertrude, Acte IV scène 7 :

Créé par le 16 juin 2008 | Dans : Leur plume

« Il y a en travers d’un ruisseau un saule qui mire ses feuilles grises dans la glace du courant. C’est là qu’elle est venue, portant de fantasques guirlandes de renoncules, d’orties, de marguerites et de ces longues fleurs pourpres que les bergers licencieux nomment d’un nom plus grossier, mais que nos froides vierges appellent doigts d’hommes morts. Là, tandis qu’elle grimpait pour suspendre sa sauvage couronne aux rameaux inclinés, une branche envieuse s’est cassée, et tous ses trophées champêtres sont, comme elle, tombés dans le ruisseau en pleurs. Ses vêtements se sont étalés et l’ont soutenue un moment, nouvelle sirène, pendant qu’elle chantait des bribes de vieilles chansons, comme insensible à sa propre détresse, ou comme une créature naturellement formée pour cet élément. Mais cela n’a pu durer longtemps : ses vêtements, alourdis par ce qu’ils avaient bu, ont entraîné la pauvre malheureuse de son chant mélodieux à une mort fangeuse. »

Et vous ? Y a-t-il une figure shakespearienne qui vous a particulièrement marqué ?

Quand le poète parle au coeur et à la raison.

Créé par le 17 avr 2008 | Dans : Leur plume

Aux morts du 4 décembre

Jouissez du repos que vous donne le maître.
Vous étiez autrefois des coeurs troublés peut-être,
Qu’un vain songe poursuit ;
L’erreur vous tourmentait, ou la haine, ou l’envie ;
Vos bouches, d’où sortait la vapeur de la vie,
Étaient pleines de bruit.

Faces confusément l’une à l’autre apparues,
Vous alliez et veniez en foule dans les rues,
Ne vous arrêtant pas,
Inquiets comme l’eau qui coule des fontaines,
Tous, marchant au hasard, souffrant les mêmes peines,
Mêlant les mêmes pas.

Peut-être un feu creusait votre tête embrasée,
Projets, espoirs, briser l’homme de l’Élysée,
L’homme du Vatican,
Verser le libre esprit à grands flots sur la terre ;
Car dans ce siècle ardent toute âme est un cratère
Et tout peuple un volcan.

Vous aimiez, vous aviez le coeur lié de chaînes,
Et le soir vous sentiez, livrés aux craintes vaines,
Pleins de soucis poignants,
Ainsi que l’océan sent remuer ses ondes,
Se soulever en vous mille vagues profondes
Sous les cieux rayonnants.

Tous, qui que vous fussiez, tête ardente, esprit sage,
Soit qu’en vos yeux brillât la jeunesse, ou que l’âge
Vous prît et vous courbât,
Que le destin pour vous fût deuil, énigme ou fête,
Vous aviez dans vos coeurs l’amour, cette tempête,
La douleur, ce combat.

Grâce au quatre décembre, aujourd’hui, sans pensée,
Vous gisez étendus dans la fosse glacée
Sous les linceuls épais ;
Ô morts, l’herbe sans bruit croît sur vos catacombes,
Dormez dans vos cercueils ! taisez-vous dans vos tombes !
L’empire, c’est la paix.

V. Hugo

Où sont les grands hommes contemporains ?

Créé par le 17 avr 2008 | Dans : Leur plume

Dénonçant jusqu’à la fin la ségrégation sociale, Victor Hugo déclare lors de la dernière réunion publique qu’il préside : « La question sociale reste. Elle est terrible, mais elle est simple, c’est la question de ceux qui ont et de ceux qui n’ont pas ! ».

Où sont les grands hommes contemporains ? dans Leur plume 230px-Victor_Hugo

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